Le premier semestre 2026 confirme les profondes mutations du marché automobile français. Si les immatriculations de véhicules neufs repartent légèrement à la hausse, le secteur reste encore loin de ses niveaux d'avant-crise. Dans le même temps, l'électrification du parc s'accélère fortement, tandis que le marché de l'occasion continue de souffrir d'un manque structurel de véhicules disponibles.

Avec 857 177 véhicules particuliers neufs immatriculés entre janvier et juin 2026, le marché automobile français affiche une progression de 1,8 % par rapport au premier semestre 2025.
Cette hausse reste toutefois à nuancer. Le marché demeure encore 26,5 % en dessous de son niveau de 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire et de la crise des semi-conducteurs.
Le mois de juin illustre parfaitement cette reprise modérée. Les immatriculations ont progressé de 11 %, avec 188 787 véhicules enregistrés. Cependant, cette hausse s'explique en partie par un calendrier plus favorable, le mois de juin 2026 comptant deux jours ouvrés supplémentaires par rapport à juin 2025. Après correction de cet effet, la croissance réelle du marché serait plutôt proche de 1,2 %.
Le premier semestre 2026 a enregistré 902 999 commandes de véhicules neufs, soit une hausse de 4,7 % par rapport à l'an dernier.
Cette progression est supérieure à celle des immatriculations (+1,8 %), créant un écart d'environ 46 000 véhicules entre les commandes enregistrées et les livraisons réalisées.
Ce décalage constitue un signal encourageant pour le second semestre : de nombreux acheteurs ont déjà signé leur commande, mais n'ont pas encore été livrés. Ces véhicules viendront donc alimenter les immatriculations des prochains mois.
Pour autant, le niveau des commandes reste encore inférieur de 23,9 % à celui de 2019. Le marché automobile français poursuit donc son redressement, mais sans avoir encore retrouvé le dynamisme qui caractérisait les années précédant la crise sanitaire.
La transition énergétique du parc automobile français se confirme au premier semestre 2026.
| Motorisation | Immatriculations S1 2026 | Évolution | Part de marché |
|---|---|---|---|
| Essence | 128 136 | -34,2 % | 14,9 % |
| Diesel | 22 147 | -46,6 % | 2,6 % |
| Hybride | 436 148 | +2,6 % | 50,9 % |
| Électrique | 241 565 | +62,9 % | 28,2 % |
| Autres | 29 181 | -10,4 % | 3,4 % |
Avec 241 565 immatriculations, les véhicules électriques progressent de 62,9 % sur un an et représentent désormais 28,2 % du marché.
Plus marquant encore, la barre symbolique des 30 % de part de marché a été dépassée en juin 2026. Les particuliers participent pleinement à cette dynamique : en juin, 35 % des immatriculations réalisées par des acheteurs privés concernaient un véhicule électrique.
L'électrique ne séduit donc plus uniquement les entreprises et les flottes professionnelles, mais s'installe progressivement dans les habitudes de consommation des ménages français.
Les véhicules hybrides conservent leur place de leader avec 436 148 immatriculations, soit 50,9 % de part de marché. Une voiture neuve sur deux vendue en France est aujourd'hui équipée d'une motorisation électrifiée.
Cette catégorie regroupe plusieurs technologies :
Ces différentes solutions permettent aux automobilistes d'adopter progressivement l'électrification selon leurs usages et leurs besoins.
À l'inverse, les motorisations thermiques poursuivent leur déclin.
Les immatriculations de véhicules essence reculent de 34,2 %, tandis que le diesel chute de 46,6 %, ne représentant plus que 2,6 % du marché du neuf.
Cette baisse s'explique notamment par le durcissement des réglementations environnementales, avec :

Le classement des modèles les plus immatriculés illustre la coexistence entre véhicules thermiques et électriques.
| Position | Modèle | Immatriculations |
|---|---|---|
| 1 | Peugeot 208 II | 38 388 |
| 2 | Dacia Sandero III | 32 733 |
| 3 | Renault Clio VI | 27 811 |
| 4 | Peugeot 2008 II | 27 016 |
| 5 | Tesla Model Y | 22 635 |
| 6 | Renault 5 | 20 662 |
| 7 | Citroën C3 IV | 19 957 |
| 8 | Renault Clio V | 19 412 |
| 9 | Peugeot 3008 III | 18 614 |
| 10 | Renault Captur II | 17 556 |
Parmi ces dix modèles, neuf sont français. Seule la Tesla Model Y, cinquième du classement, s'impose comme l'exception.
La présence de la Renault 5 en sixième position confirme également son statut de nouveau symbole de l'électrique accessible et populaire.
Le marché de l'occasion enregistre 2 608 345 transactions au premier semestre 2026, soit une baisse de 4,8 % par rapport à 2025 et de 10,1 % comparé à 2019.
Il s'agit de la plus faible performance semestrielle observée depuis plusieurs années, en dehors de l'année 2020 marquée par les confinements.
Cette baisse ne traduit pas un désintérêt des Français pour le véhicule d'occasion, mais plutôt une insuffisance structurelle de l'offre disponible.
Entre 2020 et 2023, la crise mondiale des semi-conducteurs a fortement perturbé la production automobile.
Les véhicules qui n'ont pas été produits à cette période ne se retrouvent donc pas aujourd'hui sur le marché de la revente, en particulier sur le segment des véhicules âgés de 2 à 5 ans, habituellement très recherché.
Cette pénurie continue donc de peser fortement sur le marché de l'occasion.
Le marché automobile français évolue désormais à deux vitesses :
La principale tendance de ce premier semestre reste néanmoins l'accélération de l'électrification. En juin 2026, près d'une voiture neuve sur trois était électrique.
Plusieurs éléments pourraient encore renforcer cette dynamique au cours des prochains mois :
Le premier semestre 2026 confirme que le marché automobile français est engagé dans une transformation profonde. Si la reprise du neuf demeure encore fragile et que l'occasion reste sous tension, l'électrification s'impose désormais comme le principal moteur de croissance du secteur. Les prochains mois permettront de mesurer si cette dynamique est suffisante pour installer durablement le marché sur une trajectoire de croissance plus solide.